Retrouvailles burundaises et formation d’une diaspora dans le pays de Mandela
Le 28 Novembre 2009, les représentants des communautés Burundaises ainsi que tout le personnel de l’Ambassade du Burundi en Afrique du Sud se sont retrouvés à Pretoria dans les enceintes même de l’Ambassade du Burundi. Une occasion unique ! Un triple objectif les avait réunis, à savoir : leur connaissance mutuelle pour nouer les liens entre Burundais, l’échange d’expériences sur la vie des Burundais en Afrique du Sud ainsi que l’exploration de l’idée de la possibilité d’une diaspora burundaise. Dans son discours de circonstance, l’Ambassadeur du Burundi en Afrique du Sud, Mme Régine Rwamibango a souligné que « les conflits ont détruit, le temps de guerre est terminé, c’est maintenant le temps de reconstruire ». Les matériaux pour cette reconstruction ne sont pas seulement les moyens matériels mais aussi les idées.
Ambassadeur du Burundi à Pretoria Mme Régine Rwamibango prononçant un discours de circonstance pendant la soirée culturelle.
Ces moyens matériels et spirituels sont nécessaires surtout dans les domaines de l’éducation, la santé et l’agriculture. Ces trois secteurs sont nommément épinglés parce qu’ils sont universellement considérés comme sources principales d’une liberté minimale qui permettent à chaque citoyen de s’ouvrir au développement intégral…de l’homme.
A tour de rôle , les représentants de diverses villes venus principalement du Cape, de Durban, de Johannesburg et de Pretoria ont partagé l’expérience de vie et de travail d’environ 6500 burundais vivant dans ces quatre pôles de l’Afrique du Sud. Le Général de Brigade, Emmanuel Miburo, Attaché Militaire en Afrique du Sud, cerveau penseur de ce « come together » pilotait les travaux. Le canevas proposé était conçu de telle manière que les participants, puissent, à leur retour dans leurs communautés respectives, inviter les burundais à se poser les questions suivantes : qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où sommes-nous ? Comment devons-nous vivre étant donné ce que nous sommes et d’où nous sommes ? A la fin des échanges, il a été possible de se faire l’idée des effectifs des Burundais vivant dans les grandes villes d’Afrique du Sud, leurs activités quotidiennes, leur organisation, leurs objectifs saillants, leurs réalisations principales, les perspectives d’avenir, les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien ainsi que la contribution que l’ambassade peut leur apporter. Une vue d’ensemble des différents rapports montre que les Burundais sont organisés et très actifs. Par ailleurs, l’objectif majeur de la rencontre était de voir dans quelle mesure les différentes organisations et leurs activités pourraient sortir de l’isolement. Il s’agissait donc de les canaliser dans un plan d’ensemble qui puisse nourrir et développer en chacun la conscience d’être Burundais. Les participants ont à terme trouvé utile l’idée d’une diaspora burundaise en Afrique du Sud.
Vue partielle des participants dans l’atelier
Personne n’a émis des réserves sur cette idée si bien qu’il ne restait qu’à voir comment la mettre en pratique. De nos jours, les diasporas sont tellement importantes que même le Ministère Burundais des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale ne les limite plus à un simple service comme l’ambassadeur l’a fait remarquer ; les pouvoirs publics ont trouvé utile de mettre en place tout un département. Un des participants à la rencontre de Pretoria a dit que les Burundais vivant à l’extérieur sont une richesse pour le Burundi . Cette richesse ne doit pas être évaluée seulement en termes de « remittances » que ceux qui le peuvent envoient pour aider leurs familles restées au pays de Ntare Rugamba ou pour contribuer à quelques mini-projets de développement. Le développement national nécessite plus que les « remittances » aussi importantes qu’elles puissent paraître. La richesse d’une diaspora réside au fait que tout Burundais fasse connaître le Burundi, crée plus d’ami(e)s pour le Burundi, fait entrer le Burundi dans la dynamique relationnelle avec d’autres nations, fait connaître l’héritage culturel burundais pour que les autres puissent en apprécier la valeur unique.Il doit attirer l’attention des citoyens des pays hôtes sur les opportunités d’investir au Burundi, et acquière de nouvelles idées et une expérience socioéconomique dont le pays a besoin pour savourer ce qui est beau, bon et bien. Cela est d’ailleurs perceptible à travers certains objectifs que cette diaspora naissante s’est fixée :
Créer un cadre de connaissance mutuelle et d’échanges d’information pour les Burundais ;
Renforcer les liens entre les Burundais comme famille « away from home » ;
Améliorer les canaux de communication avec l’ambassade et les burundais ;
Renforcer les liens avec le pays hôte ;
Défendre les intérêts des citoyens Burundais ;
Créer un cadre de lobby utile pour le Burundi ;
Promouvoir l’image du Burundi et la culture burundaise ;
Promouvoir et professionnaliser les clubs burundais en Afrique du Sud ;
Créer un cadre de participation au développement de notre pays.
Ces objectifs sont formulés de telle manière que la diaspora burundaise souhaitée soit politiquement et religieusement neutre pour être plus utile à tous les citoyens burundais. Un comité provisoire composé de 3 femmes et de 9 hommes a été créé pour étudier les modalités pratiques, le cadre juridique, élaborer sur les objectifs fixés ainsi que d’autres qui pourraient émerger et s’informer de l’expérience d’autres diasporas.
Le soir venu, les participants se sont retrouvés dans la salle du Collège Saint Augustin à Johannesburg pour une soirée culturelle. Cette soirée culturelle avait été brillamment organisée par la communauté burundaise de Johannesburg. L’ambiance n’avait pas d’égale… Le décor du cadre inspirait ce qui habite le subconscient des Burundais : un sens civique et le sentiment que malgré tout on aime sa patrie. Ce sens civique et patriotique éveillait en chacun le fait que le grand don que Dieu a offert à toute personne est la vie et une patrie qui constituent l’esprit de tout peuple. Cet esprit est, en effet, la source de la fierté créative que toute autorité politique doit motiver et recapitaliser. L’abondance qui a défié la soif et la faim de plus de 200 personnes présentes à cette soirée était un signe de la grandeur d’âme du burundais heureux du cadre de paix et de développement qui doivent nous mobiliser tous.
Groupe des danseuses de Pretoria
La danse élégante des clubs de Johannesburg et de Pretoria quant à elle a tenu au défi le point du jour jusqu’à nous amener à saluer le commencement de l’autre jour… le moment de se séparer pour aller dire aux autres ce qu’on avait, vu et vécu.


