Du 3 au 4 décembre 2009, dans les enceintes du Centre Terezia de Gitega, sous le haut patronage du Premier Vice -Président de la République, Dr Yves Sahinguvu, avec l’appui financier du Bureau Intégré des Nations Unies au Burundi (BINUB), les responsables des médias du secteur public et privé se sont retrouvés pour évaluer, lors d’une retraire de deux jours, les engagements qu’ils avaient pris en mars 2009 dans le cadre du dialogue social, ensemble avec le bureau exécutif de l’organe constitutionnel de régulation des médias, le Conseil National de la Communication (CNC).

A cette occasion de mars 2009, après avoir échangé sur l’éthique, la déontologie, la confraternité, le métier de journalisme, le CNC et les responsables des médias – dont la Radio Publique Africaine, Rema FM et Renaissance FM – avaient signé un engagement comprenant, entre autres décisions, l’instauration d’une culture de dialogue, la mise en œuvre du plan d’actions élaboré au sein des cadres de dialogue par leurs représentants, la garantie de la régulation et de l’autorégulation des médias par la promotion du rôle du CNC, le renforcement de la Maison de la Presse et la redynamisation de l’Observatoire de la Presse Burundaise (OPB).

A peine 4 mois après, on a observé une tension entre le CNC et la RPA, des attaques directes sur leurs antennes entre Rema FM et la RPA violant ainsi le principe de confraternité. Entre temps, la RPA a récusé l’autorité du CNC, refusant d’exécuter les injonctions de l’organe constitutionnel de régulation des médias. Elle accusait le CNC de partialité, et en cela la RPA a reçu le soutien de l’Association Burundaise des Journalistes et de l’Observatoire de la Presse Burundaise.

Un climat de tension était donc réel entre les médias Rema FM, RPA et Renaissance FM d’une part, et entre le CNC et RPA soutenu par l’ABJ et l’OPB d’autre part, compromettant ainsi la bonne collaboration et la sérénité indispensables à la veille des élections générales de 2010. Des procès ont même été engagés devant le CNC et la justice par Rema, RPA et Renaissance FM et Bonesha FM.

La retraite de Gitega organisée par le Ministère de l’Information, de la Communication et des Relations avec le Parlement et à laquelle tous ces protagonistes ont pris part, a bénéficié de la médiation d’un ancien ministre burundais de la communication, l’ambassadeur Albert Mbonerane, et de l’expertise d’un ancien Chef de l’Etat, le sénateur Sylvestre Ntibantunganya. Les participants ont constaté notamment que leurs engagements de mars 2009 ont connu des incidents de parcours, que la donne politique a envahi insidieusement les organes de presse et les organes de régulation et d’autorégulation – dont la composition, l’organisation et le fonctionnement restent critiquables, qu’il y a eu malheureusement insuffisance dans l’encadrement des journalistes, dont certains versent dans le militantisme ou le sensationnalisme.

A la fin de la retraite, les participants ont été unanimes pour conclure qu’il ne faut pas gaspiller le crédit des médias acquis depuis l’excellente couverture médiatique des élections de 2005, que le CNC doit travailler professionnellement, indépendamment et équitablement, qu’il faut rendre l’organe d’autorégulation des médias, l’OPB, opérationnel.

Dans tous les cas, les participants ont accepté qu’il faille respecter l’organe constitutionnel de régulation, le CNC. Mais le plus important est que les radios RPA et Rema FM ont accepté de cesser les attaques mutuelles et promis de ne plus porter atteinte à la confraternité. Les responsables des médias ont décidé de retirer toutes les plaintes introduites en justice et au CNC.